Le rapport d'expert suivant atteste de la valeur écologique du bois menacé. Il participe à l'équilibre biologique de l'ensemble du bois d'Ohain et n'est pas le fruit d'un travail de l'homme, mais une colonisation naturelle d'espèces indigènes.
Bois d'Ohain - site d'implantation future de réservoirs de l'IECBW
Brève évaluation écologique de la parcelle concernée, par Julien TAYMANS, Bio-ingénieur.
Description de la végétation
La parcelle en question est occupée par une chênaie-boulaie acidophile sur sables.
La strate arborescente est dominée par le bouleau verruqueux (Betula pendula) mélangé au chêne pédonculé (Quercus robur). Il s'agit d'une forêt de recolonisation spontanée d'une ancienne mise à blanc. Dans la partie ouest, on observe également quelques beaux exemplaires de hêtre commun (Fagus sylvatica) aux dimensions respectables, en limite d'une hêtraie acidophile à houx.
La strate arbustive est composée de bourdaine (Frangula alnus), de sorbier (Sorbus aucuparia), de chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), ainsi que de quelques jeunes bouleaux verruqueux et chênes pédonculés.
La strate herbacée est dominée par la myrtille commune (Vaccinium myrtillus) qui forme de belles plages continues par endroits. On y note également le dryoptéris dilaté (Dryopteris dilatata), la ronce (Rubus sp.), la canche flexueuse (Deschampsia flexuosa), la fougère aigle (Pteridium aquilinum) ainsi que quelques pieds de molinie bleue (Molinia caerulea) et de dryoptéris des chartreux (Dryopteris carthusiana).
Evaluation de l'intérêt écologique intrinsèque de la parcelle
Cette parcelle est occupée par une végétation indigène tout à fait typique des sols sableux acides du Brabant. La quasi-absence d'essences exotiques envahissantes telles que le cerisier tardif (Prunus serotina), ainsi que l'abondance de la myrtille sont à souligner. La présence des espèces observées dans la state herbacée témoigne d'un sol originel, n'ayant jamais été remanié ou trop fortement perturbé, notamment par l'apport d'engrais ou amendements qui auraient pu altérer ses caractéristiques physico-chimiques.
La végétation de chênaie-boulaie acidophile telle qu'observée sur cette parcelle correspond à la description d'un habitat Natura 2000 : "Vieilles chênaies acidophiles des plaines sablonneuses à Quercus robur (code : 9190)", dont la Région wallonne est tenue, par la Commission européenne, d'assurer le maintien dans un bon état de conservation à l'échelle du territoire régional. Cette parcelle du Bois d'Ohain n'a toutefois pas été intégrée au réseau Natura 2000.
Evaluation de l'intérêt écologique de la parcelle au sein du réseau écologique local
A l'échelle communale et provinciale, comme pour la plupart des milieux semi-naturels, on constate une forte réduction de la superficie de ce type de végétation, de plus en plus fragmenté en raison de l'urbanisation croissante et de l'intensification de l'exploitation forestière (par exemple, plantations d'essences exotiques telles que le chêne rouge ou le robinier).
Cette parcelle fait partie intégrante du massif forestier du Bois d'Ohain qui comprend de nombreux types de boisements se développant sur des sols acides (hêtraie, chênaie, plantations de pins sylvestres, etc.) et comportant un intérêt écologique remarquable. En outre, elle jouxte le cimetière d'Ohain, situé à la lisère du massif et comprenant quelques plages relictuelles de deux types de végétation de très grand intérêt biologique : la pelouse sur sable à canche précoce (Aira praecox) et jasione des montagnes (Jasione montana) et la lande sèche à bruyère (Calluna vulgaris).
| Parcelle menacée par les réservoirs IECBW |
J'ai beaucoup de souvenirs de jeunesse dans le bois d'Ohain. Je trouverais scandaleux de le voir amputé de sa partie haute et d'y voir une installation de distribution d'eau. De tout coeur avec cette initiative. MS.
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